- Publié dans : Gay's Tripping

Bonne lecture ! =D





J'ai réussi ! Je vous jure, c'est vrai ! Je ne sais pas comment, mais ça n'a pas d'importance. Vous savez ce qui a de l'importance ? Le fait que je sois dans les vestiaires, que je n'aie plus de beau Daniel scotché à moi. J'ai réussi à m'échapper, tout seul, ce qui est un miracle. Il y a encore quelques minutes, j'étais dans ses bras et j'ai failli craquer. Pas que j'en avait pas envie hein, mais bon.. Et c'est alors qu'il passait ses mains dans mon boxer que je ne me souviens pas de ce que j'ai fait. J'crois qu'j'ai crié et que je suis parti en courant dans les douches... Mais bon, bref, c'est pas très important.


J'enlève mes vêtements, que je pose sur un banc à côté de ceux de rechange, et allume le jet d'eau. Je pousse un cri.. assez féminin lorsque je sens l'eau glacée me parcourir le corps. Je me dégage de cette traitresse et règle l'eau. Puis, avant de me remettre sous le jet, je vérifie que cette fois-ci, l'eau est à la bonne température. Parfait.


Je me glisse alors avec plaisir sous l'eau et ne bouge plus durant quelques minutes, les yeux fermé. Je repense au jeudi dernier. Tous les jeudi soirs, vers 18h, j'ai l'obligation de me rendre chez ma psy. Cette femme est.. intéressante dirions-nous. Elle est obèse, laide, ne sent pas vraiment très bon mais elle pense tout le contraire. Elle se croit bien. Comment je le sais ? Parce qu'elle essaie de me draguer chaque fois que je vais chez elle. Elle met des mini-jupes comme si celles-ci cachaient ses grosses cuisses et se maquille comme une camionette volée. Quand elle me voit, elle papillone des paupières, elle croit vraiment qu'elle pourrait avoir une chance avec moi..


Bon, c'était pas vraiment de ça que je voulais parler. Non, c'est juste que ce jeudi, elle m'a posé une drôle de question. Elle m'a demandé si je connaissais quelqu'un du nom de Romain. Hum, je m'exprime mal. Ce n'est pas la question qui m'a semblée étrange.. Non, ce sont plutôt les sensations que j'ai éprouvées au creux de l'estomac, comme un coup de poing. J'ai eu, durant plusieurs minutes, du mal à respirer. Je me souviens que ma psy m'a regardé bizarrement et qu'elle a noté quelque chose dans son cahier. Ce même cahier où, au lieu d'écrire ce que je dis ou les impressions qu'elle a, elle dessine la plupart du temps. Je crois que c'est une des premières fois où elle écrit vraiment quelque chose.


Quand ma respiration s'était calmée, il y avait eu un blanc. Un silence pesant où elle me sondait de son regard perçant tout en prenant quelques notes ici ou là. Je me suis alors levé et je suis parti. Je ne sais pas pourquoi mais j'avais une sensation de vide dans le coeur, comme si je venais de me souvenir d'un proche perdu. Mais, pourtant, je n'ai jamais perdu personne. Mes quatre grands parents sont toujours vivants, et le reste de ma famille aussi. En rentrant chez moi je ne comprenais toujours pas, mais j'ai soudain eu envie de dormir, ce que j'ai fait en m'affalant sur mon lit. Et pour la première fois depuis longtemps, j'ai refait les cauchemards que je faisait étant petit.


Je sais que j'ai eu un choc quand j'étais tout gosse. C'est pour ça d'ailleurs que je voit un psy. Je ne me souviens pas de ce que c'est, et la psy, Mme Benuard, est là pour m'aider à me souvenir. Pourtant, je vais chez elle depuis quoi ? Sept ou huit ans ? Et est-ce-que je me rappelle de quelque chose ? Nan, rien, nada. Tout ce que je sais, c'est que depuis ce moment, je suis en colère contre ma mère. C'est pour ça que je persiste à vouloir l'appeler par son prénom. Quelque chose en moi m'empêche de la nommée "Maman", comme ce que je devrais faire.


Je n'ai pas envie d'en parler à Adam. Ni à qui que ce soit d'ailleurs. C'est mon secret, au même titre que les cauchemars que je faisais étant petit et qui reviennent depuis ce jeudi. C'est là que je voulais en venir. Ces cauchemars qui hantent mes nuits. Oui, hanter est bien le bon verbe car je me réveille plusieurs fois par nuits en pleurant comme un enfant. Je sanglote ensuite pendant environ une heure puis je me rendors, avant de me réveiller à nouveau pour les même raisons.

Kilian se passe les mains sur la figure, comme las, et se penche pour attraper son gel douche. Il l'ouvre et s'en enduit sur tout le corps, en passant en premier par la nuque, son cou, ses épaules. Puis ses mains descendent doucement sur son torse et sur ses hanches, pour finir par se poser sur ses fesses, sa partie intime et ses cuisses.


Mes nuits sont agitées par un visage, des cris, des pleurs . Dans mes cauchemars, j'entends ce nom, Romain, prononcé par un enfant. Cet enfant pleure, je crois que c'est moi. J'entends aussi ma mère crier, je n'entends jamais ce qu'elle hurle mais je sais que c'est elle. Lorsque je me réveille, je suis en sueur, et suis obligé d'aller prendre une douche. Vendredi et Samedi matin, je n'ai pas réussi à regarder ma mère. Les images de mes nuits me revenant toujours en tête dès qu'elle me parle. Et ce visage.. Je m'énerve à chaque fois de ne pas pouvoir en distincter les coutours. Je sens et je sais qu'il m'est très familié, mais je ne me souviens pas, je ne me souviens plus..

 

++++++++++

 

 

Kilian sort, quinze minutes plus tard, de sous la douche et, une serviette enroulée autour de sa taille, va vers son casier. Arrivé devant il va pour l'ouvrir mais se stoppe dans son geste.


Merde c'est vrai, mes vêtements sont déjà sortis.

 

Il secoue la tête. Le sport m'a vraiment embué le cerveau. Il sourit et se dirgire vers les douches. Lorsqu'il arrive près du banc, il fronce les sourcils. Tiens, j'aurais juré les avoir posés ici. Il soulève un sourcil. Si c'est ce que je pense, je crois que je vais m'énerver. Il tourne sur lui même, espérant trouver ces "chers" vêtements, mais rien n'y fait, il commence à avoir la tête qui tourne mais il n'y a pas de vêtements en vue. Ne pas s'énerver, ne pas s'énerver... Calme toi Kilian, c'est pas de sa faute, il est né abruti.. Il pose alors ses poings sur chacune de ses hanches et cri, rouge de colère : ADAAAAAMMM !


Des rires se font entendre ainsi que des pas précipités. Kilian revient presque en courant à son casier, tape le code, l'ouvre. Mais non, il n'y a plus rien, à part une canette de soda et une paire de chaussettes puantes. Toujours rouge, il se rend à l'entrée du vestiaire où, normalement, son amie l'attend. Pitié, sois encore là. Pitié Shane. Il entrouvre légèrement la porte pour essayer de distingué la présence de son amie. Et il la voit alors de dos, les bras croisés sur la poitrine, et machant la langue, apparement très énervée, elle aussi. Merci, mon dieu ! Kilian souffle de soulagement.


- Hum.. Shane ?

murmure-t'il.


- ...

Pas de réponse. En même temps, ma voix était presque inaudible, se persuade-t'il.


Il se raccle la gorge : Shane, fait-il un peu plus fort.


- ... Je t'ai entendu Kilian.


- Ah ? Pourquoi tu ne m'a pas..

Il laisse mourir sa phrase mais enchaine sur une autre. Tu sais quoi ? Ces abrutis de connards de salops m'ont piqué mes affaires et je me retrouve à poil !


- Je sais.

Elle se retourne, un petit sourire aux lèvres. Ses yeux lancent toujours des éclairs mais son sourire prouve l'inverse. C'est un sourire assez sadique.


- Comment ç... Tu le sais ??

Il ouvre les yeux en grand. Ils te l'ont dis et t'as rien fait ?


- Oui.

Elle s'approche de lui, une lueur espiègle dans les yeux, son sourire s'élargissant encore plus.


- Pourquoi ?


- Parce que ça fait une demie heure de j'attends.


- Ah...

Il serre la serviette qui protège sa nudité. Et... euh... Il redevient rouge. Et t'as des affaires à me passer ? Il essaie de l'attendrir par un regard de chien battu.


Elle rit mais se reprend vite : Non.


- C'est une blague !


- Non.

- Tu vas me laisser là ? demande-t'il, incrédule.


- Oui.

Elle commence à s'en aller vers la sortie et se penche pour prendre son sac. Voilà une bonne leçon pour apprendre à être ponctuel, n'est-c'pas ?


- Arrête, tu vas pas me laisser tout seul dans ce putain de gymnase !!


- T'es pas seul.

Elle ouvre la porte au-dessus de laquelle un panneau affiche "EXIT".


Kilian hausse les sourcils puis les fronce. Il regarde tout autour de lui et secoue la tête.


- Comment ça ? On est que toi et m..


Avant qu'il ne puisse finir sa phrase, il sent deux bras TRES familiés l'enlacer par derrière et le tirer dans les vestaires. Il voit alors Shane exploser de rire et lui faire un petit signe de main. Elle sort ensuite en criant un joyeux "Bonne chance", qui est suivit d'un autre éclat de rire. Il sent sa machoire se décrocher et hurle un "TU VAS ME LE PAYER, TRAITRESSE !" auquel répond un "Oh mais t'en as envie, tu me l'a dit".


- Kilian,

murmure alors le complice de son ex-amie.


Kilian soupire de lassitude, bien que souriant, et se retourne vers celui-ci. Daniel, je croyais avoir été clair tout à l'heure non ?


Daniel rigole et enfouit son nez dans son cou. Oh, ça. C'est vrai que ton petit cri m'a assez surpris alors que tu commençais à te laisser aller. Mais bon, c'est pas parce que tu avais l'air un peu con que je ne dois plus avoir envie de toi. Si ? Il emplit ses poumons de l'odeur de Kilian. Bébé, tu sens vraiment bon...


- Hum...

la rougeur de ses joues qui commençait à disparaître refait surface. Euh.. Je crois que je devrais m'en aller... Il baisse les yeux sur Daniel qui commence à lécher son cou. Hum, Daniel ? Murmure-t'il. Daniel ?


- Hum ?

Le beau blond relève la tête et sourit à Kilian. Qu'est-ce-qu'il y a ?


- J'me disais que... enfin.. je devrais partir je pense..


Daniel se redresse totalement, ce qui le fait être plus grand que Kilian d'environ quinze centimètres. Il se penche ensuite sur sa joue et l'embrasse délicatement. Kilian frissonne et Daniel rit doucement.


- Je sais que t'en a envie, presqu'autant que moi.

Il le sert dans ses bras, Alors, pourquoi ne te laisses-tu pas aller, hum ? S'il-te-plait, Lian.. Il lui prend la main et commence, tout doucement, à le tirer vers les douches, tout en se passant la langue sur les lèvres d'une manière plus que sensuelle.


Kilian essaie de résister quelques secondes mais le regard lubrique de Daniel le convainc et il se laisse faire jusqu'à l'endroit voulu.


[ La caméra se fige alors lorsqu'ils arrivent devant un miroir. ]


Un jeune homme de 16 ans se tient, debout, entre les bras d'un autre, d'un an son ainé. Kilian mesure maintenant dans les 1m70, pour 70kg environ. Il n'est ni maigre, ni gros, ni musclé. L'air enfantin qu'il arborait lorsqu'il avait sept ou huit ans de moins demeure sur son visage. Ces grands yeux noisette où brille une lueur pomme sont restés naïfs, angélique. Son nez est droit, son teint sans aucune imperfection. Sa bouche, bien remplie et de couleur framboise, sourit timidement au beau jeune homme blond, derrière lui. Une légère rougeur parcourt ses joues alors que son ainé le regarde tendrement. Parlons de celui-ci, d'ailleurs. Daniel, plus grand et plus musclé que Kilian, dégage un sex-appeal inouï. On ne peut alors pas reprocher à Kilian de s'être fait pris dans les filets de Daniel. Les mains du blond sont calées sur le corps de Kilian; l'une sur le torse, caressant sa main, l'autre sur la hanche, descendant au fur et à mesure. Ses yeux noirs, contrastant étrangement avec le doré de son corps, brillent d'un éclat tendre et passionné à la fois. Le désir transpire de chaque pore de sa peau.


[ L'action reprend, des rires raisonnent en écho dans la salle d'eau ]

- Allez, dépêche-toi Kilian. Daniel contourne le miroir et fait avancer Kilian. Ca fait trop longtemps que j'attends..


- Rooh...

Il se retourne alors contre le torse de Daniel et lui embrasse les lèvres, tendrement. T'as attendu des mois à ce qu'il paraît. Tu peux pas attendre encore quelque temps ?


- Et tu crois vraiment que c'est en m'embrassant que tu vas me faire accepter ?

Daniel sourit puis prends un air serieux alors qu'il pousse Kilian contre un mur, sans brutalité. Il se penche contre son oreille et murmure : J'ai envie de toi, Lian. Laisse moi te prendre, là, maintenant, contre ce mur. Il serre son bas-ventre contre le sien. Tu sens mon désir, Kilian.. J'en peux plus, je vais exploser.


En entendant ces paroles plus qu'intimes, Kilian mord sa lèvre inferieure et lève les yeux, géné, vers le blond. Daniel.. Je suis désolé mais..


Les baisers que Daniel lui faisait dans le cou s'arrêtent soudainement. Mais ?


Il ferme les yeux quelques secondes et apperçoit le visage de l'inconnu de ses songes. Il se sait pas pourquoi, mais il sent qu'il ne peut pas faire ça. Que sa virginité ne doit pas mourir. Ni ce jour, ni avec cette personne. Kilian soupire. Et maintenant j'ai l'air d'un beau salop, pense-t'il. Je l'allume et je le laisse en plan...


- Hum..

Il se dégage lentement de son étreinte et avance de quelques pas avant de se retourner vers le blond. Tu sais, quand j'étais petit, je me disais que mon premier baiser serait avec la personne que j'aime.. Il en est de même pour ma première fois. Il entend alors Daniel soupirer et murmurer un "C'était trop beau pour être vrai". Il se rapproche de lui. Je suis vraiment désolé Daniel, mais je suis pratiquement sûr que tu me comprends. N'est-ce-pas ?


- Ouais..

Il relève la tête et ancre son regard sombre dans celui de Kilian. Heureusement que je ne suis pas comme toi hein... Il sourit, amère. Et je suppose que entre toi et moi, ça ne pourra jamais être possible, hum ? Il n'aurait jamais dû poser la question, l'air navré de Kilian accentue sa déception. Il soupire longuement, les yeux baissés. Il sent alors la main de Kilian lui froler la joue et ses pas s'éloignent. Alors que Kilian va franchir la porte, il se détache du mur.


- Attends !

Kilian se retourne, surpris. Tu ne vas pas me laisser là quand même.


- Comment ça ?

demande-t'il étonné.


- Regarde.

Il lui montre son boxer, où l'on peut facilement deviner un désir ardant. Kilian rougit. Tu m'excites et tu me laisses en plan ? Daniel sourit. Je ne vous connaissais pas comme ça Monsieur DeGarcia.


Kilian, géné mais visiblement amusé, répond, espiègle : Je crois que tu va devoir rendre visite à Madame Mimine. Je suis pratiquement certain qu'elle se fera une joie de réglé ton..énooorme problème. Il se retourne alors et sort de la pièce. Juste avant de prendre la porte de sortie, ayant ramassé toutes les affaires qui lui restait, il commence à entendre des gémissements provenant de l'endroit où il se trouvait quelques secondes auparavant. Son visage se fend en un grand sourire et il referme la porte rapidement, frissonnant malgrè lui.

 

++++++++++

 



Aujourd'hui nous sommes jeudi. Et il est 18h. Je suis dans la voiture de ma mère, assis à ses côtés, mon Mp3 lançant une musique rock dans les écouteurs plantés dans mes oreilles. Je regarde, par la fenêtre, le paysage qui défile et repense à la semaine qui vient de s'écouler. Nous sommes en juin, et les examens approchent à grands pas. Je suppose que ce n'est pas la peine de vous dire que je m'inquiète puisque, premièrement vous ne me croiriez pas, deuxièmement ce n'est pas vrai. Depuis que je suis tout gosse, je suis surdoué. Je sais bien que je n'ai pas besoin d'apprendre mes cours, que, quoique je fasse, j'aurai toujours des excellentes notes... Je ne sais même pas pourquoi je vous parlent de ma subliime intelligence, pas que j'en sois pas fière, mais je m'en fous.


Non en fait, je repense à cette semaine car, durant celle-ci, je n'ai pas arrêté de penser au jeudi d'avant. Mon rendez-vous avec la psy, vous savez, celui qui m'a tout chamboulé.. Et bien, depuis, j'essaie de me rappeler, de me remémorer le pourquoi du comment. Mais je n'y arrive pas. Tout ce que je j'arrive à avoir, c'est de plus en plus de cauchemars, et de plus en plus de question. J'ai toujours détesté les questions. Ca me rappelle les maths. Voilà pourquoi je vous parlais de cette intelligence. Non, non, ne rigolez pas, je ne suis pas un "intello" ou bien un mec qui ne pense qu'au boulot. Je disais que ça me rappellait les maths parce que ça me fait penser aux problèmes. Vous savez, ces problèmes de merde, que l'on arrive pas à résoudre, même en restant plus d'une heure dessus. Ces problèmes qui, même quand on pense en avoir trouvé la solution, persistent encore et encore. On pense alors qu'il n'y a plus de solution, jusqu'au jour où l'on trouve. Et bien mes cauchemars, ce sont des problèmes. Durant des nuits entières j'ai essayé de trouvé le pourquoi de ces cauchemars incessants. Mais je ne trouve jamais, et je commence à désespérer. C'est la première fois que je ne trouve pas la solution final d'un problème, ça me fait drôle. J'espère juste qu'un jour, je trouverai, comme pour tous les "dilemnes mathématiques"... Mon dieu, je commence à parler comme mon prof de maths..


Le paysage, dehors, arrête de bouger, se figant sur un parking bondé de voitures. Nous sommes arrivés, j'entends Caroline me demander de descendre, ce que je fais. Elle me fait signe de la suivre et s'engage dans un bâtiment à l'allure morbide. Ce bâtiment me fait frisonner, même si je devrais y être habitué, après y avoir passé la moitié de ma vie... Je ne voit pas pourquoi ma mère veut absolument aller chez cette psy, je suis pratiquement certain qu'il existe des cabinets de psychologues bien plus réputé que celui-ci.


Je la suis et replonge dans mes pensées quand je sens soudain ma poche vibrer. Je plonge alors la main dans la fente de mon pantalon et en ressors mon portable que je fais coulisser entre mes doigts. C'est un message que je viens de recevoir. Le numéro est celui de Camille, ma troisième meilleure amie. J'ouvre le message.

"Coucou chéri, tu t'amuses bien chez la grosse ? On t'attends toujours ce soir à la maison ? Allez, viens ça va être marrant ! Beuz'Ouw, Tes amies qui t'aiment =D"


Je souris en répondant, lentement, chaque bonton pressé émettant un "bip" plus ou moins aigu. Je leur annonce que je viendrai passer la nuit chez Camille, avec elles.


J'entends ma mère sonner à une porte, nous sommes devant le cabinet de Mme Benuard. Elle m'ordonne de ranger mon téléphone, ce n'est pas poli du tout d'après elle. Je crois qu'elle n'a pas encore compris que je me fous de ce qui est poli ou pas, surtout lorsque je suis devant la grosse Benuard. Mais bon, je soupire et remets le téléphone à sa place, levant les yeux aux ciel. Je sais qu'elle m'a vu, je sais qu'elle déteste ça. Et ça m'amuse.


La porte s'ouvre après quelques secondes sur la femme à moustache qui me fait un grand sourire d'hypocrite. Je ne prends pas la peine de lui dire bonjour et avance directement dans la salle d'attente, où sont déjà assis les habitués du jeudi. J'entends Caroline s'excuser auprès de ma psy, lui disant que je suis vraiment très mal poli, et "teeeellement renfermé sur lui-même. Dieu que j'aimerais qu'il soit comme son frère". Laisse Dieu où il est, Caroline, j't'assure qu'il n'a pas envie d'être déranger par une femme comme toi. Oui je hais ma mère, et oui je ne sais pas pourquoi. Je n'ai pas de raison valable, mais je ne peux pas m'empêche de la haïr.


Je regarde autour de moi et observe alors les autres patients. En face de moi se trouve une gothique, ma foi, assez jolie. Elle mâche un chewing-gum, en lisant un magazine de rock. Ses cheveux sont bleus et noirs, je trouve que ça lui donne un bon style. Je crois qu'elle est ici pour avoir, plusieurs fois, essayé d'attenter à sa vie. Elle me lance un regard peu avenant en s'appercevant que je la regarde, me défiant de continuer mon inspection. Je lui souris ironiquement et détourne le regard vers l'autre personne, assis en face, à ma gauche. Ce type doit avoir la quarantaine, alors que la fille n'a pas loin de vingt ans. Il est chauve et porte des lunettes à monture dorée. Il transpire comme un phoque et ne cesse de regarder la pendule à chaque fois que celle-ci émet son 'tic' régulier. Je crois me rappeler que ce bonhomme est ici pour paranoïa aïgue, ou un truc du genre. C'est la psy qui me l'a dit, c'est pour ça que je ne lui dit pas grand chose sur moi. Vu comment le secret professionnel est très secret pour elle...


J'entends la psy et ma mère murmurer, toujours sur le palier. Je n'entends pas ce qu'elles disent et c'est tant mieux. Je sais déjà qu'elle parle de moi, et ça me suffit amplement.


 

++++++++++

 

- Alors ? Il ne se rappelle de rien ?


- Non, d'absolument rien.


- Bien.

Madame DeGarcia fait une pause et se regarde les ongle méticulesement. Veillez à ce qu'il ne retrouve pas la mémoire, il est déjà assez instable comme ça. Je ne veux pas avoir une crise d'adolescent en plus, ajoute-t'elle, hautaine.


- Oui madame,

roucoule Madame Benuard. Je vous assure que je ne fais rien qui pourrait lui faire se remémorer ce qu'il à vécu. La dernière séance, j'ai laissé échapper le nom de son ancien ami.. Romain.


- Ne me parlez pas de cette.. de cette chose !

crache la mère, la peau de sa gorge prenant un ton dangereusement rouge.


- Escusez moi, Madame...

La femme d'une cinquantaine d'année rougit et baisse les yeux, se tordant les doigts. Je voulais juste dire que, grâce aux séances d'hypnose que je lui fait subir, il ne se souviendra pas de sitôt de... de lui.


- Bien.

Elle plonge sa main dans son sac et en ressort une épaisse liasse de billets. Ca fera l'affaire, n'est-ce-pas ? Ajoute-t'elle en mettant l'argent sous le nez avide de la psychologue.


- Oui oui,

s'empresse t'elle de dire en fourrant les billets dans sa poche. Bien, c'est très bien, marmonne-t'elle avant de faire un sourire et de fermer la porte sur une Caroline plus que ravie.


 

++++++++++

 

 


Je tourne en rond depuis des heures dans ma chambre. J'en ai marre d'attendre. Elle m'avait dit qu'elle serait là à 18h. Il est 19h passé et je l'attends toujours.Quand est-ce-qu'elle va se décider bordel ?! Bon. Si je doit l'attendre encore plusieurs heures, autant faire quelque chose d'utile en patientant. Je me dirige vers mon bureau, en ouvre un tiroir, et sort un classeur, que je balance sur mon lit. Je le rejoinds en m'affalant sur mon matelas et l'ouvre hargnieusement. Putain de maths à la... Je déteste les maths, je suis nul en maths. Les chiffres et les racines ancrés sur mes feuilles de cours commencent à danser devant mes yeux. Je ne comprends rien à tout ce merdier, et puis de toutes façons, je ne suis pas d'humeur à étudier. Les profs sont illogiques. Ils nous demande de réviser tous les jours pour ce foutu bac et ils nous donnent encore des interros. Vraiment illogique.


Je referme d'un coup mon classeur, éparpillant quelques feuilles ici ou là, et lorsque je me lève, entends le bruit d'une serrure que l'on dévérouille. Je me précipite alors hors de ma chambre et dévale les escalier.


- Maman, c'est toi.

Ce n'était pas vraiment une question, puisqu'il n'y a que ma mère qui puisse rentrer à cette heure là. Bien qu'en retard. La porte s'ouvre et laisse apparaître ma mère, petite femme brune et grasouillette. Je souris en la voyant se battre avec tous les sacs de course qu'elle tient dans les mains. Je m'approche d'elle et je la vois soupirer de soulagement alors que je rattrape une boîte d'oeufs qui allait tomber à la renverse.


- Merci mon coeur,

me dit-elle en refermant tant bien que mal la porte d'entrée. Elle se retourne vers moi. Désolée d'être en retard, mais les courses ont été plus longues cette fois-ci.


- Je vois ça.. J'hausse un sourcil en observant la masse de sacs et soupire en en prenant quelques-uns pour les porter jusqu'à la cuisine. Je les pose devant le réfrigérateur et commence à en ranger le contenu. Ma mère commence à parler de sa journée terriiiiblement épuisante mais je la coupe en lui demandant :

- Alors ? Tu l'as ? Ma mère me regarde, surprise, avant de comprendre le sens de ma question. Elle sourit et cherche dans son sac à main quelque chose. Lorsqu'elle trouve, elle me tends un petit dossier et dit :


- Oui, je l'ai.

Je lui arrache pratiquement les mains le tas de feuilles classées, les observe quelques minutes avant de lui sauter au cou.


- Merci Maman !

J'ai les larmes aux yeux, et elle aussi. Elle me sert un peu plus dans ses bras avant de me chuchoter :


- Romain.. Tu es sûr de toi ?


Je relève la tête et lui fait un grand sourire. Oui je suis sûr. Je n'ai jamais été aussi sûr de ma vie. Je veux le revoir. Je l'échappe de son étreinte avant de monter quatre à quatre les marches qui me séparent de ma chambre. Arrivé dans celle-ci, je m'écroule sur mon lit et entreprends de déchiqueter les enveloppes, laissant entrevoir des papiers d'admission à un lycée. Son lycée.





Alors ? Qu'en dites vous ? Romain, de retour ? Ca se fete, nan XD
J'espere pourvoir poster la suite bientot, avant juillet mais ce n'est pas sûr.
J'aimerais vous poser une question. Je compte commencer une autre Fic et je voulais savoir : Vous préférez des chapitre de cette longueur ou bien moins long mais plus rapide à venir ? Je ne changerai rien pour G'sT Mais c'est juste pour ma prochaine histoire ^^
Voilà, en espérant avoir de nombreux avis, qu'ils soient positifs ou non !
Bisous et bon courage pour les révisons pour les futurs Bacheliers ! =D

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Mercredi 11 juin 2008
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